𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 | CLINTON ROAD de Vincenzo Balzano

« Les monstres sont réels, les fantômes aussi, ils vivent à l’intérieur de nous. Et parfois… ils gagnent. »

Stephen King

Bonjour,

Aujourd’hui je vous parle de Clinton Road de Vincenzo Balzano paru chez Ankama fin janvier. Ce titre ne sera pas resté longtemps dans ma wish list avant que je ne craque et, j’ai bien fait !

17€90

New Jersey, 1978. Tous les matins, John, ranger du comté de Passaic, fait la route entre sa maison et le bar de son ami Sam afin de prendre un café et de bavarder avant sa journée de travail. Rien qui ne puisse sembler étrange jusque-là. Sauf que la Clinton Road 15km d’asphalte où il patrouille quotidiennement s’avère être la route la plus hantée des États-Unis : disparitions inquiétantes, phénomènes paranormaux… C’est aussi sur cette route maudite que son fils unique, Benjamin, a été vu pour la dernière fois avant de disparaître. Mais John, incapable de faire son deuil, se réfugie dans une réalité déformée dans laquelle ses fantasmes semblent prendre le pas sur la réalité…

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

La Clinton Road est la route prétendument la plus hantée des Etats-Unis. Celle-ci attire les plus curieux grâce à quelques légendes urbaines sur ses quelques kilomètres d’asphalte qui traversent une forêt dense et est le décor dans lequel Vincenzo Balzano a décidé de nous plonger…

L’histoire commence floue, vague, et les premières questions s’imposent d’elles-même.

John est un agent du service des forêts aux États-Unis (USDA Forest Service) et aujourd’hui il semble s’intéresser à des disparitions d’animaux aux abords de la Clinton Road. Deux chevaux et un chien, de quoi éliminer la piste des braconniers. Alors quoi ? John épanche ses doutes au bar de son ami Sam, évoque les farfelus qui traînent sur la Clinton Road à la recherche de fantômes, se moque de ces histoires. Mais alors que le ranger part pour investiguer sur la Clinton Road, les choses vont prendre un tournant bien étrange…mêlant réel et irréel…

À l’ambiance intrigante, voire glauque, sur laquelle on s’interroge déjà beaucoup, s’ajoutent des passages oniriques. Des passages que j’ai trouvés très intéressants. On traverse dès lors la frontière et le ton est donné.

Le style graphique est tout ce que j’aime. Le beau est subjectif, aussi je trouve ce côté faussement brut très parlant. C’est un style qui selon moi ajoute de la force et qui, justement ici, s’applique parfaitement. Et, oui, c’est très beau. L’ambiance est sublimée.

Au fil des pages certains détails apparaissent et précisent la véritable teneur des pièces du puzzle. J’ai aimé la façon parfois tacite de faire apparaître ces détails, d’attirer ainsi, à la dérobée, notre attention sur eux. Et je n’en aurais même pas voulu plus, c’était tout simplement parfait.

Dernière petite chose, ce dernier petit détail, sur la fin, cette… surprise ? je veux dire, je vois généralement des easter eggs partout, je sais je sais, peut-être que je fantasme seulement mais… non, non, je suis sûre de moi cette fois et j’ai adoré !

Cette bédé traite bien entendu de la fameuse Clinton Road et des histoires autour de celle-ci, de paranormal, mais il est surtout question du deuil, de l’absence et de la difficulté d’y faire face.

∴ TRÈS BONNE LECTURE ∴

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚛𝚊𝚙𝚒𝚍𝚎 | PIZZA ROADTRIP de Cha et Eldiablo

Bonjour,

Plop les bédévores, et les autres.

C’est RoeignsBD, c’est une première pour moi sur ce blog alors je vous demande (supplie) d’être indulgents tandis que je vais vous parler de Pizza Roadtrip, une BD de Cha et Eldiablo aux éditions Ankama.

*Ceci est un message de détresse, je suis retenu prisonnier par ma femme et sous la menace d’un gros livre jaune-orange-et-bleu, forcé d’écrire ces lignes. Sauvez-moi.* Non, je plaisante. Quoique, au cas où, en cas de danger imminent, je glisserai le mot pizza dans cet article. J’essaie d’être drôle, c’est bien ou « tais-toi » ?

Prenez deux gars qui savent que quoi qu’il arrive, un ami, c’est un mec pour qui on serait capable de se mouiller pour de bon. Prenez la copine d’un des potes, qui sait faire preuve d’un sang-froid sans faille… Et collez-leur un cadavre sur le dos ! Les voici embarqués dans une galère pas croyable pour livrer un paquet un peu plus encombrant qu’une pizza…

Savant mélange de coups foireux et de mauvais plans, Pizza Roadtrip nous révèle l’histoire d’une bande de potes unis à la vie à la mort.

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝚁𝙴𝚂𝚂𝙴𝙽𝚃𝙸 / 𝙰𝚅𝙸𝚂

Pour commencer, cette bédé n’est pas tout-public. Je préfère vous prévenir même si la couverture et le résumé ne laissent que peu de place au doute. Cadavre, drogue, quelques clichés… C’était mieux de vous prévenir dès le départ.

C’est la couverture qui m’a tout de suite plu et chromatiquement, j’ai trouvé cette bédé très jolie. Bien sûr le dessin est plutôt punk, un genre provocateur mais avec beaucoup de dérision, il faut aimer, et j’aime bien. Objectivement, ça peut ne pas plaire à tout le monde, et à proscrire pour les plus jeunes. L’empreinte des auteurs est très marquée. D’ailleurs j’y ai bien vu la référence à CM Punk dont l’illustratrice Cha est une grande fan (Je tiens cette info primordiale de ma femme. Ça avait l’air de lui tenir à cœur, alors je le dis.) Non mais sans plus plaisanter, c’est vrai que ce genre de petit easter egg est intéressant lorsqu’on connait bien les auteurs/illustrateurs.

Le scénario est plus fin qu’il y paraît. Je m’attendais surtout au roadtrip et pas vraiment à plus donc j’ai été agréablement surpris. Des flashbacks nous apportent des twists et nous font remettre en question l’idée de qui aide qui dans ce gros bordel. J’ai bien aimé ce petit jeu de surprises.

Si l’on ne peut pas compter sur ses amis, sur qui peut-on compter ? 😈

Et cette fin, c’est horrible mais cela m’a fait rire. Je me sens très moche de l’intérieur là tout de suite. Mais, raison de plus pour vous recommander cette bédé.

∴ BONNE LECTURE ∴

[Chronique] BLOOM de Kevin Pannetta & Savanna Ganucheau

photo--bloom1

 

bloomBLOOM

Kevin Pannetta & Savanna Ganucheau

Pitch VO :

Now that high school is over, Ari is dying to move to the big city with his ultra-hip band―if he can just persuade his dad to let him quit his job at their struggling family bakery. Though he loved working there as a kid, Ari cannot fathom a life wasting away over rising dough and hot ovens. But while interviewing candidates for his replacement, Ari meets Hector, an easygoing guy who loves baking as much as Ari wants to escape it. As they become closer over batches of bread, love is ready to bloom . . . that is, if Ari doesn’t ruin everything.

Writer Kevin Panetta and artist Savanna Ganucheau concoct a delicious recipe of intricately illustrated baking scenes and blushing young love, in which the choices we make can have terrible consequences, but the people who love us can help us grow.

~370 pages.

16€ en broché, 21€ en relié et 8,99€ au format Kindle.

Lire la Suite

[Chronique] HEARTSTOPPER vol. 1 & 2 de Alice Oseman

photo--Heartstopper1et2-

 

heartstopperHEARTSTOPPER
un roman graphique d’Alice Oseman

Éditeur : (VO) chez HODDER

Annonce HEARTSTOPPER en VF sera le premier roman graphique publié chez Hachette Romans, en librairie début octobre 2019.

Pitch VO :
Charlie and Nick are at the same school, but they’ve never met … until one day when they’re made to sit together.
They quickly become friends, and soon Charlie is falling hard for Nick, even though he doesn’t think he has a chance. But love works in surprising ways, and Nick is more interested in Charlie than either of them realised.
Heartstopper is about love, friendship, loyalty and mental illness. It encompasses all the small stories of Nick and Charlie’s lives that together make up something larger, which speaks to all of us.

Lire la Suite

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚛𝚊𝚙𝚒𝚍𝚎 | CALIFORNIA DREAMIN’ de Pénélope Bagieu

Bonjour, c’est Inktober !

Comment ça, ce nom ne vous dit rien ? Cass Elliot ! Wouhouuuu !! The Mamas and the Papas ! Perso, moi, mes parents m’ont rabâché les oreilles fait découvrir ces artistes alors que du lait coulait encore de mon nez. Alors forcément, cette BD, je me devais de la lire.

C’est donc, une fois n’est pas coutume, d’une BD que je vais vous parler. Sortie il y a déjà un petit moment, mais je l’ai encore entraperçue récemment dans mes rayons préférés. Inutile de vous présenter Pénélope Bagieu, n’est-ce pas ? Tout le monde connaît on blog penelope-jolicoeur.com, ou le succès de ses BDs Joséphine (1,2,3), ou encore La page blanche ou Cadavre Exquis. Bref, son talent n’est pas à débattre, je suis conquise depuis des années. Avec California Dreamin’, l’auteure m’a surprise, cette BD c’est la crème de la crème, la cerise sur le gâteau !

Chez Gallimard

Ellen naît en 1941 dans une famille juive de Baltimore et, petite déjà, rêve de devenir chanteuse. Sa voix est incroyable, mais sa personnalité aussi excentrique qu’attachante cache une faille de taille: Ellen est boulimique. Et grosse. Trop grosse pour espérer un jour devenir une star. Pourtant quand, à 19 ans, elle devient Cass Elliot, c’est pour échapper à son avenir de vendeuse de pastrami et tenter sa chance à New York ! C’est là que, happée par la folk de l’époque, Cass tombe amoureuse de Denny, le chanteur des Journeymen…

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

Un crayonné très graphique. Le dessin peut surprendre. En effet, cette BD est entièrement crayonnée, ni encrée ni retravaillée. Le rendu est au final très graphique, j’ai apprécié – surtout que la vie de nos personnages est un peu trash, parfois, et cela colle parfaitement à ce choix osé. Et puis c’est signé Pénélope Bagieu, alors c’est drôle, très drôle.

22709035_368041170291285_2911568079534161920_n

L’histoire nous propulse dans le temps : des débuts des personnages à la formation du groupe, en passant par son succès, ses hauts et ses bas… Et « propulser » est bien le mot, car Pénélope Bagieu n’a pas lésiné sur les détails. Cass Elliot est un personnage hors norme, dans tous les sens du terme. Son poids, bien sûr, mais surtout ce génie d’aller là où l’on ne l’attendait pas. « Mama » Cass était bien une figure qui mérite (au présent) d’être développée.

De Ellen Cohen à Cass Elliot. Ellen Cohen est une petite fille juive qui vit à Baltimore, qui accepte mal l’arrivée de sa petite sœur, et qui pousse parfois la chansonnette en famille. Elle grandit avec un surpoids qui la rend différente, elle détonne, mais elle détonne encore plus lorsqu’elle chante ! Son rêve n’est pas d’être épicière comme ses parents, elle veut chanter, être sous les projecteurs. Pour cela, elle part pour une autre vie… où Ellen Cohen est en route pour devenir Cass Elliot.

J’ai redécouvert le groupe au fil des pages, et même si je sais qu’une grande partie de la BD est juste « imaginée » par l’auteure, celle-ci s’est incontestablement très documentée sur les personnages. Puis, tout s’intègre à la perfection avec les années 6O. C’est si convainquant que… Où commence le côté romanesque de cette BD, où s’arrête la réalité ? Hmm ?

Un coup de cœur.

California Dreamin’ doit absolument se trouver dans votre bédéthèque.

∴ COUP DE CŒUR ∴