𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 | CLINTON ROAD de Vincenzo Balzano

« Les monstres sont réels, les fantômes aussi, ils vivent à l’intérieur de nous. Et parfois… ils gagnent. »

Stephen King

Bonjour,

Aujourd’hui je vous parle de Clinton Road de Vincenzo Balzano paru chez Ankama fin janvier. Ce titre ne sera pas resté longtemps dans ma wish list avant que je ne craque et, j’ai bien fait !

17€90

New Jersey, 1978. Tous les matins, John, ranger du comté de Passaic, fait la route entre sa maison et le bar de son ami Sam afin de prendre un café et de bavarder avant sa journée de travail. Rien qui ne puisse sembler étrange jusque-là. Sauf que la Clinton Road 15km d’asphalte où il patrouille quotidiennement s’avère être la route la plus hantée des États-Unis : disparitions inquiétantes, phénomènes paranormaux… C’est aussi sur cette route maudite que son fils unique, Benjamin, a été vu pour la dernière fois avant de disparaître. Mais John, incapable de faire son deuil, se réfugie dans une réalité déformée dans laquelle ses fantasmes semblent prendre le pas sur la réalité…

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

La Clinton Road est la route prétendument la plus hantée des Etats-Unis. Celle-ci attire les plus curieux grâce à quelques légendes urbaines sur ses quelques kilomètres d’asphalte qui traversent une forêt dense et est le décor dans lequel Vincenzo Balzano a décidé de nous plonger…

L’histoire commence floue, vague, et les premières questions s’imposent d’elles-même.

John est un agent du service des forêts aux États-Unis (USDA Forest Service) et aujourd’hui il semble s’intéresser à des disparitions d’animaux aux abords de la Clinton Road. Deux chevaux et un chien, de quoi éliminer la piste des braconniers. Alors quoi ? John épanche ses doutes au bar de son ami Sam, évoque les farfelus qui traînent sur la Clinton Road à la recherche de fantômes, se moque de ces histoires. Mais alors que le ranger part pour investiguer sur la Clinton Road, les choses vont prendre un tournant bien étrange…mêlant réel et irréel…

À l’ambiance intrigante, voire glauque, sur laquelle on s’interroge déjà beaucoup, s’ajoutent des passages oniriques. Des passages que j’ai trouvés très intéressants. On traverse dès lors la frontière et le ton est donné.

Le style graphique est tout ce que j’aime. Le beau est subjectif, aussi je trouve ce côté faussement brut très parlant. C’est un style qui selon moi ajoute de la force et qui, justement ici, s’applique parfaitement. Et, oui, c’est très beau. L’ambiance est sublimée.

Au fil des pages certains détails apparaissent et précisent la véritable teneur des pièces du puzzle. J’ai aimé la façon parfois tacite de faire apparaître ces détails, d’attirer ainsi, à la dérobée, notre attention sur eux. Et je n’en aurais même pas voulu plus, c’était tout simplement parfait.

Dernière petite chose, ce dernier petit détail, sur la fin, cette… surprise ? je veux dire, je vois généralement des easter eggs partout, je sais je sais, peut-être que je fantasme seulement mais… non, non, je suis sûre de moi cette fois et j’ai adoré !

Cette bédé traite bien entendu de la fameuse Clinton Road et des histoires autour de celle-ci, de paranormal, mais il est surtout question du deuil, de l’absence et de la difficulté d’y faire face.

∴ TRÈS BONNE LECTURE ∴

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 | JE SAIS QUE TU TE SOUVIENS de Jennifer Donaldson

Bonjour,

J’aime les thrillers young adult, j’en consomme pas mal. Mais je dois l’admettre : peu me transcendent vraiment. Je veux qu’on m’embrouille, qu’on me fasse des nœuds au cerveau, seulement, je me fais souvent très vite une idée et j’anticipe. Ça ne me déçoit pas, ou plus, car j’aime toujours l’ambiance générale de ce type de romans. Mais, voyez-vous, je viens de rencontrer LE thriller YA qui a été plus fort que moi.

Surprenant et original et passionnant, Je sais que tu te souviens de Jennifer Donaldson a bousculé non seulement les habitudes de la collection New Way, mais a surtout réussi à m’ébouriffer.

Je remercie Hugo&Cie pour l’envoi de ce roman.

Format broché • 310p • 17€

Après trois longues années passées à la ville, Ruthie Hayden retrouve son village natal d’Alaska pour apprendre la terrible nouvelle… Zahra était sa meilleure amie quand elles étaient enfants – la seule personne qui la comprenait vraiment. Elle se fait alors une promesse : mettre tout en œuvre pour la retrouver. Zahra s’est échappée d’une soirée quelques jours à peine avant le retour de Ruthie. On ne l’a jamais revue. Mais sa nouvelle amie Tabitha n’a pas l’air tant dévastée par la nouvelle. Aurait-elle quelque chose à se reprocher ? Et Ben, son petit ami ? Il est très énervé d’avoir appris qu’elle avait un autre prétendant depuis quelques mois. Son grand-père, le pasteur du village, semble désapprouver un peu trop fortement les mœurs de sa petite fille. Quant aux gens du coin, la disparition d’une jeune fille noire semble être le scenario parfait pour les pires ragots. Alors qu’elle rassemble les pièces du puzzle, Ruthie plonge de plus en plus profond dans l’intimité de son amie. Elle va découvrir que certaines révélations sont plus dangereuses qu’on ne pourrait le croire…

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

Je sais que tu te souviens a tout d’une très bonne intrigue. Déjà, géographiquement, on prend une sacrée dose d’originalité. L’Alaska, c’est en soi dépaysant, pire encore ici où l’atmosphère peut être déroutante. Les décors, la reclusion, le brainwashing religieux… et vous n’êtes qu’au début de vos surprises.

Ruthie qui doit malheureusement revenir chez son père n’a pas de quoi se réjouir, si ce n’est de retrouver son amie Zahra. Mais son amie disparaît et Ruthie va alors chercher à comprendre ce qui s’est passé. Elle va chercher des réponses dans la vie de son amie, dans les choses quelle a faites et parmi les amis qu’elle a fréquenté durant son absence.

De prime abord, je me suis dit : 300 pages, aïe, c’est peut-être un peu juste pour une intrigue bien ficelée. Un thriller même YA a besoin d’espace pour y placer tous les éléments dont il a besoin pour véritablement fonctionner. Mais tout y est, et les 300 pages sont exploitées à souhait. C’est rythmé et sans temps mort, fluide, bien écrit. Pour le lectorat, il n’y a pas mieux.

L’auteure m’a bernée, dupée, semée… Alerte ligature cérébrale. L’auteure maîtrise l’art des nœuds au cerveau. J’en voulais, j’en ai eu. L’intrigue montée par Jennifer Donaldson est remarquable, finassière et très addictive. Les suspects sont nombreux et crédibles, TRÈS crédibles. J’ai condamné tous les personnages sans m’attendre à LA REVELATION. Comme j’ai pu le dire plus haut, ce roman a été plus fort que moi. L’auteure m’a vaincue, m’a surprise, m’a happée. Carton plein.

Je ne m’y attendais pas, mais c’est un vrai coup du maître dans le monde du thriller YA. À lire absolument.

∴ TRÈS BONNE LECTURE ∴

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 | TIENS BON de Nina LaCour

Bonjour,

J’ai terminé Tiens bon de Nina LaCour paru le 17 octobre chez Hugo&Cie, que je remercie pour l’envoi.

Tiens bon est une lecture qui m’a beaucoup plu. Mais selon moi un des romans les plus difficiles de la collection New Way. Un roman très fort. Une lecture qui se démarque clairement. Et un objet-livre qui lui-aussi se démarque, un beau travail qui n’est pas superflu.

« À trois ou quatre heures du matin, je m’éveille en sursaut, fixant mon regard sur les constellations peintes au plafond. J’essaie de ne pas cligner les paupières trop longtemps car, alors, je vois le visage d’Ingrid, […]. »

Hugo – New Way

Cette nuit-là, Ingrid a promis à Caitlin qu’elle la suivrait où qu’elle aille. Pourtant, le lendemain matin, Ingrid était partie… pour toujours. Le suicide de sa meilleure amie percute Cailtin de plein fouet. Comment continuer à vivre sans les rires, la complicité, les sessions photo dans le cinéma désaffecté et les secrets qu’elles partageaient au quotidien ? Et surtout, pourquoi ? Se lever le matin ressemble désormais à un challenge impossible.
Pourtant, il faut bien retourner au lycée… Le seul indice qu’Ingrid a laissé derrière elle, c’est son journal. Peut-être Caitlin saura-t-elle comprendre ce que son amie a traversé et pourquoi elle a pris une telle décision ? Au fil des pages, elle devra affronter fa vérité, mais aussi ses propres démons…

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

L’impact est incroyable. Le suicide, le deuil, la reconstruction, la maladie, la dépression… sont des sujets difficiles à aborder. De la collection New Way (ma préférée chez Hugo) plusieurs romans m’ont déjà profondément touchée et marquée, je pense notamment à Risk de Fleur Ferris. Mais je ne pensais pas croiser en cette fin d’année un livre qui me souffle autant, puis Tiens bon est arrivé dans ma boîte aux lettres..

index

Je m’attendais plus ou moins à rencontrer dans un premier temps les deux amies, avant le drame, mais l’auteure a fait un autre choix. Dès le début on va en apprendre beaucoup sur l’état d’esprit de Caitlin, une adolescente dont la meilleure amie, Ingrid, s’est suicidée.

« Maman prononce le nom d’Ingrid et je me mets à fredonner, non pas la mélodie d’une chanson mais juste une note tenue. Je sais que ça me donne l’air d’une folle, je sais que ça ne changera rien, mais ça vaut mieux que de pleurer, de hurler, ça vaut mieux que d’écouter ce qu’on me dit. »

« En principe, j’aurais dû avoir mon permis il y a trois mois mais, au lieu de m’entraîner aux créneaux, je regardais le cercueil de mon amie s’enfoncer dans le sol. »

Les premières pages ne nous épargnent pas, on s’imprègne de la façon dont le suicide d’Ingrid affecte Caitlin. J’ai trouvé très juste, franche et simple la manière dont l’auteure retranscrit ses difficultés. Je voulais être touchée par ce livre, mais pas trop. L’auteure a su s’y prendre même si, je ne vous le cache pas, je me suis sentie un peu acculée. Pas trop acculée, mais assez pour que le message se répercute en moi douloureusement. Pourtant, je vous rassure : la plume de l’auteure est bien plus douce et fraîche que vous ne vous l’imaginez. L’écriture est moderne et pleine de spontanéité, j’aime ça, et -je l’ai mentionné plus haut- le format de ce livre est particulier.

Déjà, ce livre est beau. Vraiment beau. Il suffit d’en voir la couverture, ainsi que les deuxième et troisième de couverture. Le roman est aussi illustré et formaté pour répondre à l’histoire et à la lecture du journal d’Ingrid. Mais ce contenu atypique n’est pas juste un divertissement, il n’est pas superflu. Il aide le lecteur à se projeter et influence également énormément l’atmosphère de lecture, car celle-ci peu agiter. L’auteure ne fait pas particulièrement dans le sensationnel mais elle m’a remuée. Ce pourquoi j’ai apprécié les choix et la mise en page , ils apaisent largement.

Tiens bon est une histoire de reconstruction. Suite au drame et à la découverte du journal intime de son amie, on suit Caitlin à travers le deuil et la dépression, l’après, à travers une année sans Ingrid. Sans la jeune fille ou presque, parce que celle-ci est encore partout. Les deux jeunes filles étaient si proches. Pourquoi Caitlin n’a rien vu, ou pas assez… Comment gérer l’après…

Peut-être que j’aurais apprécié moins de frustration quant à la lecture du journal – mais c’est une frustration récurrente dans tous les romans du genre, il faut bien faire durer les incertitudes.

En bref ? J’ai aimé cette lecture. Je l’ai trouvée forte, mais honnête. Avec une plume et une mise en page parfaites pour aborder des sujets difficiles.

∴ TRÈS BONNE LECTURE ∴

[Chronique] FACE DE LUNE de Hervane BLANC

face-de-lune

FACE DE LUNE

Auteure : Hervane BLANC

Maison d’auto-édition : Librinova

Pitch : Depuis le décès de sa mère, Face de Lune a perdu goût à la vie. Cette petite fille à l’existence jusque-là tranquille, ne veut plus dormir, de peur de se réveiller le lendemain et de découvrir que ceux qu’elle aime ne sont plus là… Nous suivons alors les destins de femmes ayant vécu la perte, le chagrin et la désillusion. D’abord Elena, orpheline depuis son plus jeune âge, puis Claire, dont la vie a basculé du jour au lendemain. Et qui est cette mystérieuse psychologue dont la voix se fait tendre et rassurante pour nous guider vers le chemin de la reconstruction ? Avec ses mots, elle nous aide à comprendre les pensées négatives qui parfois nous font perdre pied. Découvrez un roman sensible et émouvant, une ode à la résilience et au bonheur retrouvé !

[Service Presse] Je tiens à remercier Anaïs de Librinova pour cette lecture.
Lire la Suite

[Chronique] JUSTE UN DÉFI ENTRE NOUS de Marie ANJOY

photo--1défi

 

juste-un-defi-entre-nous

JUSTE UN DÉFI ENTRE NOUS

Auteure : Marie ANJOY

Éditeur : Les bas-bleus

Parution : 03 Mai 2018

Résumé : En week-end dans une maison d’hôte à l’occasion d’un anniversaire, Meg assiste involontairement à des ébats torrides entre deux invités. En plein acte, Nick l’aperçoit, mais ne dit rien. Déstabilisée par cette rencontre conjuguant voyeurisme et érotisme, Meg se laisse progressivement apprivoiser par Nick, même si tout les oppose dans leur quête individuelle du bonheur et de l’amour.
Nick pourra-t-il aimer à nouveau après la mort de son ex-femme ? Meg sera-t-elle condamnée à rester dans l’ombre de la disparue ?
Entourés d’amis cabossés par des passés douloureux, Nick et Meg nous plongent à tour de rôle dans les débuts tumultueux de cette romance sous haute tension.

[Service presse] Avant toute chose, je tiens à remercier Les BAS-BLEUS éditions et tout particulièrement Marine pour ce service-presse.

Lire la Suite

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 | L’espoir au corps de Anaïs W.

Bonjour,

Le VIH et le deuil, l’auteure n’a pas choisi la facilité en écrivant ce roman. Mais le travail est remarquable et l’histoire, poignante. C’est la curiosité et un peu une amie ❤ qui m’ont amenée à télécharger la première partie du roman que l’auteure propose très gentiment sur son site internet. Ce n’est que quelques lectures en retard plus tard que je me suis attaquée à cette première partie…

auto-édité

En revenant dans la ville où il a grandi, Daniel se donne une ultime chance d’être heureux. S’il échoue, il laissera le VIH l’achever… Après avoir perdu ses parents, Kalinda a tiré un trait sur son avenir pour éduquer ses deux jeunes frères et sa sœur. Pourtant, elle ne peut se résoudre au sacrifice qu’est devenue sa vie… Un soir, sur le parking où il se gare chaque jour depuis un an, Daniel fait la rencontre de Kalinda. Très vite, pour les deux jeunes gens, l’espoir s’éveille. Mais pour avoir une chance d’être aimée, Kalinda décide de mentir sur sa situation : après tout, qui voudrait d’une femme avec trois enfants à sa charge ? Alors que Daniel s’efforce de construire un avenir, le mensonge et l’entêtement de Kalinda menacent de tout compromettre. Entre éclats d’amour et de colère, quel sentiment vaincra ?

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

Je suis restée scotchée. Comment avais-je pu laisser de côté cette petite pépite ? Et, bien sûr, il me fallait lire ce roman dans son entièreté. Et vite. Il m’était impossible de ne pas lire la suite tant les personnages m’avaient émue, tant j’avais besoin de savoir ce qu’il allait advenir de leur histoire naissante mais difficile.

Deux personnages, deux destins bouleversants

Ni l’un ni l’autre n’avait demandé à ce que sa vie soit ou devienne aussi compliquée…

Daniel est revenu dans la maison qu’il a partagé avec sa mère pour se donner une dernière chance, une vie dans laquelle le VIH, dont il est porteur, ne serait plus un frein. S’il a retrouvé un travail qui lui convient, c’est l’amour qu’il recherche. Un amour dont il a toujours profondément manqué. Daniel voudrait que ce nouveau départ lui offre cet amour, le vrai, celui que le VIH n’éloignerait pas. Et si cette tentative de vivre une vie normale ne réussit pas, ce sera la dernière, il ne s’acharnera plus. Il se laissera mourir.

Kalinda a dû faire face au cruel décès de ses parents dans un accident de voiture. Une tragédie qu’elle doit affronter avec le reste de sa famille, car aujourd’hui Kalinda est la tutrice de ses deux frères et de sa sœur. Un bouleversement dans sa vie qui remet tout en question. Son fiancé l’a lâchement quittée et c’est presque seule qu’elle doit faire face à sa nouvelle situation.

Le hasard va pousser Daniel et Kalinda à se rencontrer sur un parking. Une rencontre fortuite qui va chambouler la vie des deux jeunes gens. Mais pour lui comme pour elle, l’espoir est-il suffisant quand les casseroles que l’on traîne sont aussi lourdes ? Ils aimeraient tous les deux y croire. Mais entre les doutes et les craintes, il n’est pas toujours évident d’être optimiste. Lui est pris au piège entre le désir, l’espoir et la prudence car, bien entendu, il craint que le VIH fasse fuir la jeune femme. Elle, de son côté, se noie un peu dans ses nouvelles responsabilités et à peur de les infliger à l’autre, alors elle ne dit rien et cache maladroitement tout de sa situation familiale. Deux personnages hésitants et parfois résignés qui ont du mal à se projeter pleinement… Alors, que va-t-il advenir de leur histoire ?

L’angle parfait

L’auteure a su prendre l’angle parfait pour chaque personnage, et j’imagine que cela n’a pas dû être simple. Le résultat du travail d’Anaïs W. n’est pas une histoire d’amour, c’est une histoire de difficultés très loin des romances évidentes et faciles habituelles, mais savamment bien racontée.

Il fallait oser combiner ces deux sujets, chacun d’eux pouvant soutenir à lui seul un roman. C’était un pari dangereux. Un choix que l’auteure a pleinement assumé et maîtrisé. L’espoir au corps est le troisième roman d’Anaïs W mais le premier que je lisais d’elle — et certainement pas le dernier !

Le cœur déchiré

J’ai évidemment était impactée par la tragédie subie par Kalinda et les efforts que sa nouvelle situation nécessite. Parce que le courage et l’amour des siens n’effacent pas les doutes et la peur de mal faire, son personnage a besoin de s’adapter, et d’accepter avant tout ce qui lui arrive. Kalinda est humaine. L’auteure a très bien su mettre en relief son personnage. Ses personnages ! Car Daniel, les enfants et l’entourage des personnages principaux sont tout aussi brillamment élaborés.

Quant au VIH, j’ai été étonnée des lacunes et des idées-reçues que je pouvais encore avoir sur le sujet. Je m’estimais bien informée, mais ce roman nous donne un tout autre angle de vue. Daniel est — sans surprise — mon personnage préféré. Qu’il ne soit pas lisse ou simplement résigné m’a plu, c’est un jeune homme en colère, un personnage tout aussi humain que Kalinda. J’ai eu plaisir à lire que malgré toute l’introspection que sa maladie lui a déjà conférée, il découvrait encore des choses, et se découvrait encore lui-même.

Les espoirs des personnages étaient palpables tout au long du roman, tout autant que leurs douleurs et leurs colères. Jusqu’à la fin j’ai tremblé, le cœur déchiré pour eux.

Je suis sortie de ce roman bouleversée et le souffle court. Cela peut paraître un peu surprenant mais c’est ce qui a, par-dessus tout, fait de cette lecture un véritable coup de cœur ❤

Si ma chronique ne vous a pas totalement convaincus, je vous invite très très chaudement à lire la première partie de ce roman que l’auteure permet de découvrir sur son site, ici.

Cette histoire est magnifique, laissez-vous tenter.

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 | POUR CEUX QUI RESTENT de L.A. Witt

Bonjour,

J’avais très peur d’entamer cette lecture. Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps savent que j’ai un rapport difficile avec le deuil, surtout qu’ici encore il s’agit d’un décès suite à un accident de voiture (ce qui me touche très très personnellement). Mais c’est une superbe histoire, des plus touchantes, qui m’attendait…

Éditions Bookmark

Jay Warren a passé l’année à chercher le courage d’avouer à sa femme qu’il est gay. Pourtant, à chaque fois qu’il en trouve l’occasion, il se défile. Il a honte de le cacher en permanence et ne veut pas la blesser, mais son angoisse devient insupportable. Quand sa femme meurt brutalement, la culpabilité de Jay menace de l’engloutir. Scott Lawson, directeur de pompes funèbres, gère les familles des défunts quotidiennement, et il n’est que trop familier avec la difficulté de sortir du placard. Il offre à Jay toute la compassion et la compréhension dont il a besoin, et l’amitié qui en découle se mue rapidement, peut-être trop, en quelque chose de plus fort. Mais ne sont‐ils reliés que par le deuil, la culpabilité et la solitude ? Ou Scott sera‐t‐il lassé d’être utilisé comme une béquille émotionnelle avant que Jay ne réalise la chance qu’il a ?

➼ 𝙻’𝙷𝙸𝚂𝚃𝙾𝙸𝚁𝙴

Jay Warren est chez lui, il attend patiemment (ou presque) le retour de sa femme ; parce que, ce soir, il a quelque chose à lui dire. Un secret qui le consume depuis des années. Mais ce soir il va tout avouer à Misty, elle a le droit de savoir. Elle ne mérite pas de vivre ce mensonge, avec lui, avec un simulacre de mari, elle mérite d’être heureuse.

Alors ce soir c’est sûr, Jay va tout lui dire. Seulement Misty ne rentre pas. Sa femme , victime d’un dramatique accident de la circulation, décède.

Elle ne rentrera pas, il ne pourra jamais tout lui avouer. Et Jay ne supporte pas l’idée que Misty soit partie sans avoir su la vérité. Sans qu’il lui ai tout révélé de son homosexualité.

Et, si un jour le destin lui permettait de rencontrer quelqu’un, pourrait-il même s’autoriser de vivre pleinement l’amour, après avoir éhontément menti à sa femme ? Jay vit très mal le deuil et cette situation. C’est alors qu’il rencontre Scott Lawson, le directeur des pompes funèbres où repose sa femme. Celui-ci comprend très bien le chagrin de Jay d’avoir perdu sa femme, c’est son métier, mais aussi le secret qui le ronge. Scott s’est depuis longtemps ouvert sur son homosexualité et va alors soutenir Jay, lui être d’un grand réconfort.

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝚁𝙴𝚂𝚂𝙴𝙽𝚃𝙸 / 𝙰𝚅𝙸𝚂

Le deuil, oui, l’homosexualité, aussi, mais pas de lourdeur. Si le sujet vous effraie, sachez que la plume n’est absolument pas lourde, il y a même quelques sarcasmes et touches très drôle dans la narration.

« — Alors, euh… – Jim se racla la gorge en se dandinant sur sa chaise. – On a essayé de gérer tout ça pendant ton absence. – Il désigna mon ordinateur. – Je t’enverrai tout ce que j’ai fait. Comme ça tu pourras… vérifier.
— Merci. J’y jetterai un œil dès que j’en aurai terminé avec tous mes emails.
— Ouais. Pas de problème. – Il toussa à nouveau. – Donc tu… Tu reprends le boulot à temps plein, pas vrai ?
Parce que j’aurais pu reprendre à temps partiel ? Pourquoi personne ne me dit rien ?« 

Les personnages, la romance

J’en reviens à Jay et à Scott, les deux hommes vont se montrer très doux l’un envers l’autre, la douceur de l’amour, du vrai grand Amour. Celui auquel aspire Scott ? Si c’est le cas, les doutes persistent. Jay, malgré les bons moments passés avec Scott, se sent encore coupable. N’est-ce pas horrible vis-à-vis de sa femme ? N’est-ce pas trop tôt ? Et comment faire son coming-out, après ça ?

Quant à Scott, et on le comprend, il a peur de n’être qu’une épaule. Une simple passade afin que Jay oublie ses douleurs ?

« — […] c’est à moi de décider si je veux être ta béquille émotionnelle ou pas.
— Quoi ?
Je me retins de justesse de lever les yeux au ciel et une flopée de jurons.
— Tu n’es pas une béquille, Scott. Putain, à t’entendre, on dirait que je suis avec toi juste pour éviter de penser à Misty.
— Très bien. Alors dis-moi, est-ce que tu as déjà pensé à elle, depuis qu’on est ensemble […] »

Pour tout ceux qui restent est une tendre romance. Cette histoire ne vous emporte pas dans de gros tumultes, mais c’est dans une belle tendresse qu’elle vous bercera. La lecture est à la fois agréable et très touchante. J’ai été très sensible à aux deux hommes ; j’ai souvent une préférence pour celui qui narre l’histoire, mais ici, non. Scott est tout aussi profond et attachant que l’est Jay.

Un roman frappant de réalisme

Jay et Scott, leurs familles respectives, j’ai trouvé chaque personnage, chaque réaction, d’un réalisme époustouflant.

Si le twist concernant Misty n’est pas très surprenant, je m’y attendais, cela m’a tout de même fait chaud au cœur – J’aurais aimé la « rencontrer » de son vivant, cette femme était exceptionnelle ❤ et cela explique amplement tout le chagrin de Jay et de sa famille.

En bref ?

Mes craintes n’étaient pas fondées. Dans ce roman l’écriture est douce et le deuil y est très bien traité. J’ai particulièrement apprécié comment L.A. Witt chérit ses personnages. Simplement magnifique. Je recommande.

∴ TRÈS BONNE LECTURE ∴

𝙲𝚑𝚛𝚘𝚗𝚒𝚚𝚞𝚎 𝚛𝚊𝚙𝚒𝚍𝚎 | THE AIR HE BREATHES de Brittainy C. Cherry

Bonjour,

Ce roman me touche très personnellement, et je dédie cette chronique à la mémoire de Ben. Tu es parti trop tôt, mais pour toujours dans mon cœur.

Cette couverture. Impossible de résister, on est bien d’accord ? J’ai voulu ce livre rien que pour elle, le personnage était charismatique et magnifique et les couleurs, bien plus douces que d’habitude chez Hugo New Romance, j’adore. Alors j’ai su, j’ai su que ce livre allait être différent. Puis je l’ai lu…

Et j’étais bien en-dessous de la vérité. Ce roman est une petite merveille. B.C. Cherry a un don, je vous jure, le talent de nous retourner le cœur en trois petits mots au détour d’une simple phrase. C’est incroyable.

Format broché • Hugo NR

Tout le monde m’avait avertie au sujet de Tristan Cole. « – Garde tes distances avec lui, me disait-on. » « – Il est cruel. » « – Il est froid. » « – Il est bousillé. » C’est facile de juger un homme sur son passé. De regarder Tristan et de voir en lui un monstre. Mais je n’ai pas pu agir de la sorte. J’ai reconnu la désolation qu’il portait parce qu’elle était comparable à celle qui m’habitait, et je l’ai acceptée. Lui et moi, nous étions des coquilles vides. Nous étions tous les deux à la recherche d’autre chose. De quelque chose de plus. Nous voulions tous deux recoller les morceaux éparpillés de nos passés respectifs. C’était peut être la condition pour que nous puissions finalement réapprendre à respirer.

➼ 𝙻’𝙷𝙸𝚂𝚃𝙾𝙸𝚁𝙴

L’histoire de The Air He Breathes, c’est l’histoire d’Elizabeth et Tristan. Tous deux ont vécu le drame du deuil. Lui, a perdu sa femme et son fils. Elle, son mari, et se retrouve seule pour élever sa petite fille, Emma. Ils vont se rencontrer suite à un malencontreux accident puis, heureux hasard ou pas, c’est dans la maison voisine à celle de Tristan que Liz et Emma emménagent.

Liz connaît bien l’endroit, cette maison, cette ville où elle retrouve tous ses amis. C’est un retour.

Elle découvre alors son nouveau voisin, un peu bizarre, solitaire, rustre. Pour tout le monde en ville, Tristan est un homme à éviter. C’est sans compter sur la douleur du deuil que partage ces deux-là, et qui va les rapprocher. Qui mieux que l’un et l’autre peut comprendre ? Si parler leur fait d’abord du bien, à trop chercher à combler le vide de la mauvaise façon, ils vont s’abîmer davantage.

Une étape nécessaire pour enfin voir la vérité en face ? Être la voix de la raison l’un pour l’autre ? Et enfin réapprendre à vivre ? Ensemble ?

➼ 𝙼𝙾𝙽 𝙰𝚅𝙸𝚂

Les personnages principaux sont hyper attachants. La meilleure amie de Liz est bourrée d’humour, c’est juste génial. Le propriétaire de la boutique où travaille Tristan ? Aussi attachant que l’est son protégé.

B.C. Cherry signe là une des plus belles lectures que j’ai eu le plaisir de découvrir.

Le destin, le hasard, appelez-ça comme vous voulez, est parfois cruel, et tout particulièrement pour nos deux personnages.

J’ai beaucoup aimé le rôle que tient Tristan dans leur rapprochement. Ce personnage qui m’a d’abord bouleversée m’a ensuite complètement conquise. Il fait penser à Archer Hale dans Archer’s Voice (revue, ici).

Coup de cœur garanti.

L’auteure est magique ; pour moi, cela ne fait aucun doute. Ce tome, ainsi que les autres de la série Elements sont du même acabit, des histoires avec des moments forts, des moments qui vous vont droit dans le cœur.

∴ COUP DE CŒUR ∴